Comment sauver des milliards – 1er texte d’une série de 3

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Comment sauver des MILLIARDS?

Votre pharmacien : votre sauveur !

Cet article a été écrit dans l’optique de trouver une solution, une vraie, pour notre système de santé… Une vraie solution ne ressemblant pas à celles qui nous ont été proposées, miroitées ou imposées au cours des dernières années, voir des dernières décennies au Québec. La recherche d’une telle solution nous emmène inévitablement à réfléchir différemment, hors de la boite habituelle; à réfléchir distinctement de la façon dont ont pensé tous les médecins qui ont été ministre de la santé lors de la dernière décennie. En bref, en tant que pharmaciens et gens d’affaires, nous avons pensé analyser certaines données publiques et voici le résultats de nos découvertes…

Il est d’ordre public, mais semble ne jamais avoir déjà été rapporté de la façon qui suit, que le coût estimé annuel au Québec pour les patients qui voient l’infirmière au triage dans une salle d’urgence d’un hôpital mais qui quittent sans avoir vu le médecin est exorbitant. Il est d’environ 75_000_000$. Les données les plus récentes du ministère montrent qu’environ 11,1% des gens, se présentant aux urgences, quitteront avant même d’avoir rencontré un médecin: ils auront vu une infirmière au triage mais quitteront prématurément car seront trop souvent découragés par la longueur du temps d’attente pour voir le médecin. AUSSI, certains patients avouent qu’ils consultent à l’urgence pour pouvoir recevoir l’avis d’un professionnel de la santé sur leur situation et donc, après s’être fait confirmé la non dangerosité de leur cas, ils se sentent assez sécurisés pour retourner à leur domicile. De plus, cette gigantesque somme ne tient pas en compte des heures perdues et des journées d’ouvrage manqués, non plus de la baisse de revenus des gens ni de la baisse de productivité de notre société. Aussi, que dire des coûts de stationnement défrayés inutilement … encore probablement d’autres centaines de milliers de dollars dépensés sans utilité aucune. Ces informations peuvent être déduites et calculées à partir des données suivantes :

– MSSS 2014-2015= 378 058 personnes ayant quitté la salle d’urgence AVANT d’avoir vu un médecin. Le total des consultations durant une période de un an entre 2014-2015 s’élève à un peu plus de 3 405 000 consultations ***1

– Coût du système pour une rencontre avec l’ infirmière au triage dans un hôpital au Quebec est de 200$. ***2

– Coût estimé pour une seule rencontre avec un médecin SANS aucune intervention ou examens à passer est passé de 400$ en 2013 ***2 à plus ou moins 497,47$ en 2016. De plus, il est à noter que  » Tous ces tarifs excluent les honoraires professionnels des médecins traitants ». ***3

De plus, lorsque l’on regarde les données de 2012-2013, on apprend que des 3 423 238 visites annuelles aux urgences, près du 2/3 (soit 61,2%) le sont pour des urgences de niveaux 4 et 5, soient des urgences « moins urgentes » ou « non urgentes ». ***4 Pour expliquer cette tendance, certains diront que le problème majeur est celui du manque d’accessibilité aux médecins de famille et que par conséquent, la population va dans les salles d’urgence. D’autres analystes avancent également ce fait, le reliant à l’offre insuffisante des cliniques de Sans-Rendez-Vous, devant supposément faciliter la consultation rapide d’un médecin En fait, des données de 2010-2011 montrent que 74% des personnes consultant les urgences pour des problèmes qu’eux-mêmes considèrent non urgents, le font car ils  arrivent pas à trouver une clinique  Sans-Rendez-Vous qui est ouverte et qui a un médecin pouvant les recevoir. ****** 5De plus, permettez moi de vous rappeler que malgré toutes ses bonnes idées, intentions et impositions de règlements et de lois, le ministre Barrette n’a pas réussi à améliorer grand chose dans l’accessibilité aux soins durant les deux dernières années.

Pour information, dans les raisons de consultations pour des niveaux 4 ou 5, nous pouvons citer en exemple: une réaction allergique mineure, une brûlure mineure, un mal de tête NON migraineux, un rhume, un épisode de constipation, des hémorroïdes, une grippe, une douleur menstruelle, une gastro-entérite ou une infection urinaire. ***6 ***7 ***8.

Sur un autre terrain, il est connu que, lorsqu’un pharmacien travaille aux urgences d’un hôpital, cela aide grandement à régler bon nombre des urgences mineures qui s’y présentent. Donc, chaque cas réglé par un pharmacien évite le besoin de triage et de consultation médicale entraînant ainsi une réduction des dépenses en santé.

Aussi, il est logique de penser que certains cas des 11% quittant prématurément les urgences nécessitent réellement une consultation médicale et qu’alors, des conséquences et problèmes de santé s’aggravant ainsi que des conclusions catastrophiques voire mortelles doivent arriver parfois. Quoi conclure d’autre que cela a assurément un coût pour notre société: un coût monétaire mais aussi un coût humain! En toute objectivité, en sommes-nous déjà rendu là? Devons-nous être confortables avec l’idée que cela se passe de la sorte et qu’ainsi soit-il? Pouvons-nous espérer des changements? À cela, la Fédération des pharmaciens du Québec propose une idée très simple: transférer le premier triage des urgences mineures en pharmacie.

En effet, les pharmaciens en officine font déjà plusieurs dizaines de consultations à tous les jours pour recommander à leur clients la sélection et l’utilisation adéquate des médicaments de vente libre (MVL) en lien avec leur problème de santé. Certaines pharmacies plus occupées font à chaque jour au-delà d’une centaine de ce type de consultations. En pharmacie, une multitude de problèmes de santé peuvent être traités sans nécessiter le besoin de voir un médecin: blessures mineures, problèmes mineurs de peau, verrue plantaire, cors et callosités, diarrhée, constipation, acné, hémorroïdes, rhume et grippe, insomnie, douleurs de presque toutes sortes, fièvre, besoin en vitamine ou arthrose… et j’en passe! Calculons maintenant combien d’argent pourrait-on sauver en consultant davantage les pharmaciens du Québec … ou prenons à l’inverse combien de consultations seraient à transférer quotidiennement  de la salle d’urgence vers la pharmacie pour sauver disons, 1_000_000_000$ – UN MILLIARD par année? Cela demanderait qu’environ 65% des urgences mineures de niveau de triage 4 ou 5 soit transférées annuellement en pharmacie. En somme, une autre façon plus simple de voir ces données serait de dire que pour environ 2 consultations PAR jour PAR pharmacie pour des urgences mineurs, alors que si ces 2 consultations passaient de l’urgence vers la pharmacie du coin, alors que les contribuables québécois sauverait 1_000_000_000$ par année et ce, en plus d’avoir un service plus rapide, de sauver de l’argent pour le stationnement, de manquer moins de jours à l’ouvrage, d’avoir un service à plus grande proximité géographique du lieu du domicile tout ça en obtenant le traitement et les conseils adéquats.

Aussi, les efforts faits par les différentes professions de la santé lors des dernières années l’ont été pour trouver comment améliorer l’accessibilité des soins. En ce qui concerne les pharmaciens, cela s’applique en surplus du fait que les pharmaciens semblent être les seuls pouvant aider à diminuer grandement les dépenses du gouvernement en santé.

Pour finir, les pharmaciens subissent déjà depuis plus d’un an et demi des diminutions de revenus avec les coupures que le ministre Barrette leur à imposées. Selon ce qui transparait des dires et agissements du gouvernement, d’autres lois et règlements ayant le même genre d’impact seraient à venir. Quoi penser en voyant le ministre Barrette continuer de s’acharner à diminuer ce que le ministère verse aux pharmaciens en honoraires c’est-à-dire moins de 1% du total des dépenses en santé? Sacher aussi qu’à nouveau dans le marché, les pharmaciens craignent avec raison de devoir faire d’autres compressions d’heures et de personnels en pharmacie. Cela aurait comme conséquence de compresser le volume de travail à faire et ainsi, diminuerait assurément la disponibilité du pharmacien. Donc, en plus qu’il ne serait alors plus possible de sauver à l’état des centaines de millions de dollars annuellement en augmentant le nombre de consultations faites pour des problèmes de santé, nous verrions apparaître probablement l’effet pervers suivant : les clients demandant conseil en pharmacie pourraient se décourager du plus long temps d’attente et alors pourraient décider de se choisir eux-mêmes sur tablette des médicaments de ventes libres. Pire encore au niveau des finances publiques, ils pourraient choisir d’aller consulter un médecin à l’urgence à l’hôpital. Gardons en tête que déjà au Quebec, une des raisons majeures d’hospitalisation est la mauvaise utilisation des médicaments et que cette même donnée se dégraderait logiquement davantage s’il y avait encore d’autres coupures en pharmacie. Aussi, que dire des coûts supplémentaires si jamais 2 ou 4 des quelques 30 à 100 consultations par jour en pharmacie pour achat d’un MVL décidaient d’aller à l’urgence d’un hôpital? Les dépenses supplémentaires du gouvernement pour le fonctionnement des salles d’urgences s’élèveraient annuellement alors de 1-2 MILLIARDS dollars…

En conclusion, le gouvernement à plus que TOUT à gagner à s’asseoir RÉELLEMENT avec les instances des pharmaciens pour ainsi utiliser le seul levier stratégique et économique disponible et prêt depuis hier dans le système de santé pour sauver des coûts gigantesques et sauver du coup, le système public au Québec.

Nicolas Bergeron

Président de la FPQ

 

Références :

 

***1 . Journal de Montréal

HÉLOÏSE ARCHAMBAULT

Mercredi, 13 mai 2015

Urgences: Les patients tellement tannés d’attendre qu’ils quittent sans voir un médecin

Plus d’un Québécois sur 10 quitte l’urgence de l’hôpital, exaspéré, avant d’avoir vu un médecin

***2 . Reportage de TVA Nouvelles

Publié le 25 février 2013 à 15 h 45

Auteur : Stéphane Tremblay

L’urgence du Centre hospitalier de Rivière-du-Loup déborde encore. Savez-vous combien coûte chaque patient à la société pour être admis et consulter un médecin à l’urgence? Des frais qui sont évidemment remboursés par la Régie de l’assurance-maladie du Québec à moins de ne pas avoir sa carte soleil.

Chaque fois qu’une personne franchit les portes d’une urgence au Québec ça coûte 200$ uniquement pour son inscription.

***3. http://www.hscm.ca/…/…/votre-arrivee/frais-dhospitalisation/

CISSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal

Frais d’hospitalisation

Le régime québécois d’assurance hospitalisation pour les résidents

***4. Rapport du Commissaire a la Santé et au Bien-Être : Les Urgences au Quebec: évolution de 2003-2004 à 2012-2013.

***5. Institut de la Statistique du Québec. Enquête québécoise sur l’expérience de soins 2010-2011. L’hospitalisation et la consultation d’un médecin à l’urgence d’un hôpital : regard sur l’expérience vécue par les québécois. Volume 4. Tableau A2.

***6. ÉTG: L’échelle canadienne de triage & de gravité pour les départements d’urgence. Version datée du 17 decembre 1998.

***7. Attente à l’urgence: ce que vous devez savoir. / Protecteur du Citoyen

21 decembre 2015.

***8. Triage aux urgences / CHU de Québec-Université Laval.

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